Mon travail artistique est une façon pour moi de cartographier mon identité.
La multiplicité des rapports identitaires et la manière dont des éléments comme le temps et le contexte social agissent sur eux font également partie de mes axes de recherche.
J'opère par fragmentation (déconstruction dérridéenne). Je choisis une base autonome de format et de technique identiques, autour de laquelle je créé une série, de sorte que chaque fragment de la série puisse exister à la fois de manière indépendante et conjointement. Deux projets, même éloignés dans le temps, peuvent non seulement exister individuellement mais également produire du sens en recréant une identité nouvelle par leur juxtaposition. Cette recherche de signification se développe et s’affirme au gré de l’accumulation de références, me permettant ainsi la réappropriation des sujets que je traite.
Le conflit est au centre de mon travail. Le conflit dans le sens de "Bellum omnium contra omnes" (La guerre de tous contre tous) qui conduisit Thomas Hobbes au Léviathan. Dans mon cas, c'est à la manière de Proust (dont je recopie l’œuvre sous forme de palimpseste ) que j'aborde le temps qui m'a été accordé. Proust, arrivé à un moment de maturité dans sa vie, décida de disséquer "son" temps perdu dont il avait pourtant eu clairement conscience.
Pour ce faire, je me suis inspiré du travail d'Henri Lefebvre (La production de l'espace), de celui de Buckminster Fuller (par ses structures solides à base triangulaire), et de Karl Marx (Dignitaire, œuvre, main d’œuvre).
Mais je n'ai jamais voulu sortir d'une production purement artistique, utopiste, en comparaissant moi même comme coupable de tout au théâtre de ma vie.
